MIRACLE OU COÏNCIDENCE ? LA VILLE SAINTE DE LA MECQUE À LA LUMIÈRE DU NOMBRE D’OR

La Création toute entière répond à une surprenante prédominance du nombre d’or. Ce mystérieux nombre, noté par la lettre grecque phi (φ), se retrouve partout autour de nous mais aussi à l’intérieur de notre corps, rythme les battements du cœur, proportionne la croissance du corps humain, donne forme à l’ADN, prédispose le nombre de pétales des fleurs, guide les cyclones, etc.[1]

La pomme de pin, à titre d’exemple, possède 13 rangées d’écailles (dans le sens contraire des aiguilles d’une horloge) qui sont chevauchées par 8 autres rangées dans le sens inverse et répond ainsi à la proportion dorée. Effectivement, le rapport entre 13 et 8 correspond à 1,625 alors que phi, symbolisant le nombre d’or, vaut 1,618033988749894…[2] Il subsiste toujours une différence entre le nombre d’or réel et le phi théorique (φ), qui n’est quant à lui qu’une suite statique, inerte et infinie de nombres tentant de traduire une logique complexe. Dans le cas de la pomme de pin, la marge de différence avec phi est donc de 0,007 (1,625-1,618). La fleur de tournesol, constituée de deux groupes de spirales, peut posséder 21/13, 34/21 ou 55/34 parastiches et annonce respectivement une marge de différence avec le phi « statique » de 0,003 (1,618-1,615), 0,001 (1,619-1,618) et 0,0004 (1,618-1,6176). Certaines proportions reviennent également de façon récurrente dans le corps humain, c’est le cas, entre autres, des rapports de cinq tiers et de huit cinquièmes qui renvoient au nombre d’or avec des marges de différence de 0,048 et de 0,018.

Un « savant » musulman contemporain – qui n’est pas nécessairement des plus fiables et compétents[3] – signale depuis quelques années la concordance de la situation géographique de la Mecque avec le nombre d’or. Internet pullulant d’informations erronées, imprécises ou tronquées, nous avons été dans un premier temps sceptique à cette déclaration et ne l’avons pas prise en considération.  Par la suite, intrigué par la lecture d’articles scientifiques sur la suite de Fibonacci, la divina proportion de Fra Luca Pacioli et la phyllotaxie, nous avons décidé de creuser la question de la position de la Mecque par rapport au Globe. Soutenu par un professeur de géographie, nous avons renouvelé les calculs à partir des données géographiques de la Ka’aba. La suite de cet article présente un aperçu des résultats obtenus ainsi qu’une réponse aux prétendus « contre-arguments » existant à ce sujet.

Une Ka’aba dorée ?

N’en déplaise à certains, le rapport de la distance de la Ka’aba au Pôle Sud à la distance entre les deux pôles correspond bien au nombre d’or. Les deux mesures concordent avec ce qu’Euclide (m. 366 av J.-C.) nommait de son temps : l’extrême et la moyenne raison[4]. Effectivement, la latitude de la Ka’aba étant de 21,422° N[5] alors que 20.004 km séparent les extrémités des deux pôles, la distance entre la Ka’aba et le Pôle Sud égale 12.382 km. Si l’on divise la distance totale entre les deux pôles (20.004 km) par la distance entre le Pôle Sud et la Ka’aba (12.382 km), on obtient 1,616 (marge de différence avec phi [φ] de 0,002). Que les distances soient calculées en kilomètres ou en degrés, le rapport reste toujours (quasiment[6]) identique. En effet, la Ka’aba, située à 111,442° du Pôle Sud et à 68,558° du Pôle Nord, se trouve sur le degré d’or : le rapport des deux données étant alors  de 1,625 (marge de différence avec phi [φ] de  0,007).

Ce n’est pas tout, le rapport de la distance entre le Pôle Nord et la Ka’aba (7.622 km) à la distance entre le Pôle Sud à la Ka’aba (12.382 km) répond également au rapport d’or : 1,624 (marge de différence avec phi [φ] de  0,006). Ces chiffres indiquent clairement, de façon indiscutable, que la Ka’aba et de facto la ville sainte de la Mecque se trouvent sur la zone de la latitude dorée du Globe.

Pour localiser un lieu sur une carte, il est indispensable d’en connaitre la latitude mais aussi la longitude. Alors qu’en est-il de la longitude de la Mecque, correspond-t-elle également au nombre d’or ? Dans ce cas la Ka’aba, et plus largement la Mecque, pourraient-elles se situer sur le point d’or du Globe ? La longitude, pour rappel, est mesurée par rapport au méridien de Greenwich (que l’on considère habituellement comme le méridien 0 (zéro)[7]). Un déplacement de 180° à partir de ce méridien vers l’Ouest ou vers l’Est aboutit à ce que l’on pourrait vulgairement qualifier de « prolongement du méridien sur l’autre “côté” du Globe », correspondant aux extrémités gauche et droite de la carte du Monde[8]. Lorsque l’on calcule le rapport de la longitude de la Ka’aba au dit « prolongement » par l’Ouest et par l’Est, à savoir : 219,825° divisés par 140,175°, on obtient 1,568 (marge de différence avec phi [φ] de 0,05). Pour terminer, notons encore que du rapport de la longitude absolue de la Mecque (180°+ 39,825°) au contour du Globe (360°) résulte, à nouveau, le nombre d’or : 1,537 (marge de différence avec phi [φ] de  0,019).

Ces calculs, aussi surprenants soient-ils – mais vérifiables par tout un chacun – placent la Ka’aba sur la localisation dorée du Monde, s’inscrivant dans le parfait langage cosmologique des nombres et n’étant autre que ce que le moine Fra Luca Pacioli[9] (m. 1517) aurait du tout naturellement nommer : la divine localisation !

Une concordance méconnue qui a déjà ses détracteurs !

Pourtant, d’aucuns estiment qu’on ne peut sérieusement considérer que la Mecque se trouve sur le point d’or du Globe. À croire que ces informations déplaisent, alors qu’elles sont largement méconnues du grand public, quelques personnes ont déjà tenté de les discréditer dans l’objectif de discréditer par là également l’Islam. Précisons clairement qu’en tant que musulmans nous n’avons pas besoin de preuves mathématiques pour affirmer l’Unicité divine et pour reconnaitre les Prophètes nous ayant précédés. Même au cas où la Mecque ne se serait pas retrouvée sur la zone dorée du Globe, nous aurions continué à clamer la sainteté de la ville. Revenons sur les arguments avancés par les détracteurs de cette découverte. Le premier consiste à nier la position d’or en raison de la différence qui se traduit en décimales avec le nombre phi. Le deuxième signale la possibilité, en fonction de l’orientation du plan, de trouver quatre points d’or au Globe. Le troisième est simplement la négation de l’existence d’une longitude[10] dorée en l’absence de points référents.

Notre réponse au premier argument – visiblement avancé par des personnes n’ayant pas analysé le nombre d’or dans la nature – ne mérite pas d’être développée, comme cela a été démontré plus haut, ce nombre n’étant pas fixe, comporte toujours une infime variable de quelques décimales. Mais de toutes façons, comme le dit un proverbe chinois :

« Lorsque le sage montre la lune, le sot regarde le doigt ! »

Concernant le deuxième argument, l’existence de 4 points d’or éparpillés sur une immense surface évaluée à 510.065.700 km2 ne réduit vraisemblablement pas de façon considérable la prodigieuse concordance d’un d’entre eux avec la position géographique de la Mecque. De plus, s’il est effectivement possible de trouver quatre points (ou zones) dorés dans un plan du Monde selon son orientation, l’unique d’entre eux qui ne jaillit pas du milieu de l’Océan, pointe la ville sainte de la Ka’aba.[11]

Pour finir, c’est faire preuve de mauvaise foi que de prétendre que la longitude d’or n’existe pas en soi dans le but de décrédibiliser la position géographique de la ville sacrée. En effet, primo, c’est faire fi de son indéniable position sur la latitude d’or (mesure pouvant être considérée comme la plus importante), secundo, c’est faire abstraction d’un résultat surprenant en cherchant à déclasser un élément factuel en raison de son « origine humaine » sans pour autant expliquer la mystérieuse concordance qui en résulte. Alors que la latitude d’or, dépendant des pôles, est invariable, la longitude d’or est parfois considérée comme inexistante : le méridien 0 n’étant qu’une ligne imaginaire et « hasardeuse » arbitrairement définie par l’Homme. Malgré  que cela n’égratigne pas le mérite de la mystérieuse concordance entre la position de la ville sainte de la Mecque et la latitude dorée – quand bien même celle-ci partirait d’un repère forgé par l’homme –, clarifions certains faits.  Le méridien de Greenwich n’est en réalité pas totalement aléatoire mais répond à des facteurs déterminés depuis belle lurette. Les explications qui vont suivre  donneront un aperçu des deux raisons principales pour lesquelles la référence à ce méridien peut être considérée comme naturellement légitime – voire cosmologiquement définie.

  • Les cartes des derniers siècles plaçaient déjà la zone qui deviendra le futur méridien de Greenwich au centre du plan. Il semblerait qu’une logique logico-pratique et esthétique de la représentation en deux dimensions du Monde érige déjà les différentes villes sur les mêmes méridiens qu’aujourd’hui. Cela peut s’expliquer par le fait que cette découpe aplanie du Globe évite aux continents formant l’Eurafrasie, mais aussi à l’Océanie au Sud-est et à l’Amérique à l’Ouest, d’être écorchés. Une autre explication serait que celle-ci répond à une norme esthétique inconsciente mais universelle de la beauté.[12] Saint Thomas d’Aquin (m. 1274), grand ascète et mystique chrétien, disait déjà de son temps : « Les choses qui sont dotées de proportions correctes réjouissent les sens ».[13]
  • De plus, lorsqu’on analyse brièvement les informations géologiques sur la formation des continents, il semble en résulter que l’actuel « méridien 0 » ne constitue pas un repère totalement aléatoire. Il s’agit du centre crucial duquel ont émergé des forces et des mouvements terrestres qui ont planté le décor actuel de la planète. Au Jurassique, les continents que nous connaissons aujourd’hui étaient regroupés en un ensemble de terres émergées (la Pangée). La  partie centrale de ce supercontinent, datant de la période géologique du carbonifère et résultant de la collision de la Laurrusia et du Protogondwana, se compactait – descendant du Nord jusqu’au Sud – sur l’actuel méridien 0. Plus tard, les terres ont commencé à se disperser, l’ouverture d’une mer linéaire a séparée la masse continentale de l’Amérique du Nord du bloc formé des masses continentales de l’Amérique du Sud et de l’Afrique. Par la suite, ce bloc s’est également scindé, éloignant ces continents de plusieurs milliers de kilomètres. Alors que la masse continentale de départ se trouvait sur la zone des méridiens renfermant celui de Greenwich, les mouvements répétés ont abouti à la dispersion actuelle des continents[14]. Bien que plus longuement développé en raison de sa complexité, ce deuxième argument est – en raison de son caractère extrêmement lointain répondant à une théorie scientifique actuelle –  peut-être moins pertinent que le premier, qui, bien que ses causes n’en soient pas clairement définies, est appuyé sur des preuves matérielles des derniers siècles.

Nous signalerons par honnêteté intellectuelle que certains attribuent l’intrigante position de la Ka’aba au hasard et admettons que cette position ne peut être réfutée en quelques lignes, le thème de la contingence dans la Création étant extrêmement complexe et spécifique. Nous pouvons comprendre que d’aucuns puissent attribuer cette découverte au hasard voire au concordisme numérique, toutefois, nous les invitons, sachant que la surface de la terre est évaluée à plus de 510.065.700 km2, à s’interroger sur les probabilités qui résultent d’une telle coïncidence.

Le Coran ainsi que les recommandations du Prophète (ﷺ) enjoignent à la contemplation de signes dans les éléments qui nous entourent, ainsi qu’à la méditation de ceux-ci, dès lors, en tant que croyants, tenons-nous en puis consacrons toute la louange au Grand-Architecte, Seigneur des mondes et Souverain de l’humanité.

 

[1] Pour plus d’informations sur le nombre d’or, veuillez consulter notre article : « Le nombre d’or, une divine proportion dans l’Univers ». https://raisonnances.net/le-nombre-dor-divine-proportion/

[2] Phi (φ) est un nombre infiniment long.

[3] Il ne s’agit aucunement de faire le procès de qui que ce soit, mais cet individu, que nous ne nommerons pas, a montré et continue de démontrer par ses propos infondés, ses avis (hyper)hétérodoxes, ses prétentions messianiques et l’extravagance dans son comportement qu’il n’est pas un référent stable – ce qui ne signifie pas que tout ce qui figure dans ses ouvrages est à jeter, loin de là.

[4] Corbalán Fernando , Le nombre d’or : le langage mathématique de la  beauté, Le monde est mathématique, Une collection présentée par Cédric Villani, Paris, RBA, 2013, p. 28.

[5] Plusieurs applications de localisation géographique existent. Pour notre part, nous avons utilisé l’application Google Maps afin de trouver l’adresse exacte de la Ka’aba que nous avons ensuite introduit sur le site de localisation GPS en ligne : www.coordonees-gps.fr

[6] Les décimales n’étant pas complètes, une très légère marge d’erreur apparait en raison de la grandeur des nombres utilisés pour le calcul.

[7] Techniquement le méridien 0, système géodésique utilisé mondialement, se trouve à 102,5 m du méridien de Greenwich en raison d’un décalage, répondant à «la déviation de la verticale », dans les calculs réalisés à l’époque de son instauration. http://www.independent.co.uk/news/science/greenwich-royal-observatory-how-the-prime-meridian-line-is-actually-100-metres-away-from-where-it-10452386.html

[8] Notons qu’il existe, en Amérique et en Asie, des cartes différentes, respectivement américocentrées et asiocentrées. Les pôles étant les mêmes pour tous et le méridien de Greenwich étant mondialement défini, ceci ne change rien aux calculs latitudinaux et longitudinaux de cet article.

[9] En 1498, le moine Fra Luca Pacioli (m. 1517) traite du nombre d’or dans De divina proportion (la divine proportion), ouvrage mathématique illustré par des planches de Léonard De Vinci (m. 1519).

[10] La Ka’aba se trouve à une longitude de 39,825° E.

[11] Les trois autres zones correspondantes au nombre d’or de la planète se trouvent au milieu de l’Océan Atlantique Nord, dans l’Océan Atlantiques Sud (près des côtes du Brésil) et au centre du Canal du Mozambique (situé entre le Mozambique et Madagascar).

[12] La prédisposition à la recherche de beauté est naturelle chez l’humain. Gustav Théodor Fechner (m. 1887), réalisa une expérience surprenante auprès de personnes « dépourvues d’expérience artistique » auxquelles on demanda de choisir, parmi plusieurs rectangles, les plus beaux et agréables à regarder. En grande majorité, ce furent les rectangles d’or (et ceux qui en étaient le plus proches) qui furent désignés. Corbalán, op.cit., p. 99.

[13] Corbalán, op.cit., p. 15.

[14] Les continents continuent à se déplacer des quelques infimes centimètres par année.

2 Replies to “MIRACLE OU COÏNCIDENCE ? LA VILLE SAINTE DE LA MECQUE À LA LUMIÈRE DU NOMBRE D’OR

  1. Ma sha Allah. Barak’aLlahu fik pour cet article… Il s’agit de Harun Yahya j’imagine, le “savant” en question (?)… J’ai toujours eu une certitude en ce fait, mais la source (désolé si je fais mal de la citer ici) est bien trop polémique… Je pense que, l’air de rien, crt homme a quand-même bien des choses nobles à apporter malgré le lot bruyant quu l’entoure malheureusement…
    Ravi de découvrir ce site.

    1. Wa fik. Oui, en effe,t il s’agit de cette personne. Malgré que certaines choses soient regrettables dans sa façon de représenter l’Islam, cet homme a apporté des nouveaux éléments. Selon mon humble avis, le concordisme de ses thèses nuit aux musulmans (beaucoup de ses thèses sont scientifiquement fausses) mais, force est de constater, que certains arrivent à l’Islam au travers de celles-ci et approfondissent leurs recherches par la suite. Je préférais ne pas citer son nom car ce qui m’importe dans l’article n’est pas le personnage, mais la vérification des calculs… Merci pour votre lecture, à bientôt wa salam aleykoum.

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